Last updated: March 4, 2012 9:17 pm

Journée d’action à Winnipeg

Des étudiants en marche et en colère

Crédit: Grégoire Stévenard/Le Réveil (Université de Saint-Boniface)

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WINNIPEG (PUC) — Le 1er Février 2012, les étudiants du Manitoba, membres de la fédération canadienne des étudiantes et étudiants, ont participé à la marche annuelle organisée par la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants (FCEE). Au total, 600 000 membres de la FCEE et 80 syndicats sont partis à pied ou en bus de leur université respective, les différents cortèges d’étudiants ont convergé vers le palais législatif pour extérioriser leurs attentes et leurs revendications. Ils ont bravé le froid pour scander en chœur: «l’éducation est un droit! On n’arrête pas le combat!».

Les étudiants de l’Université de Saint-Boniface, de l’Université de Winnipeg et de l’Université du Manitoba ont d’abord convergé vers le parc Mémorial à partir duquel ils se sont ensuite mêler pour marcher sur le palais législatif.

Cette année, la campagne avait pour thème «un système public pour la population». La plateforme revendicative est axée sur cinq demandes majeures: réduire les frais de scolarité et augmenter le financement, réduire la dette étudiante, améliorer l’accès des étudiants autochtones, rétablir la démocratie et l’autonomie dans les campus et prôner l’égalité pour les étudiants internationaux.

Les présidents des associations étudiantes de l’Université de Winnipeg, de l’Université de Saint-Boniface et de l’Université de Manitoba ont chacun abordé un thème après une introduction du président provincial de la FCEE, Marakary Bayo.

Étaient présents aussi des professeurs et des média tant anglophones que francophones. Les professeurs de l’Université de Saint-Boniface et de l’Université de Winnipeg ont ensuite tenu à marcher côte à côte avec les étudiants qui se sont mis à scander «So...So... So... Solidarité!» à la vue de leurs partenaires inconditionnels. Les professeurs qui n’ont pas pu participer ont quand même permis aux étudiants qui le désiraient d’aller marcher. La manifestation a pris fin dans le calme mais la motivation des étudiants reste intacte, tout comme les problèmes soulevés à l’occasion de cette marche annuelle restent actuels.

Pourquoi les étudiants manifestent?

Le gouvernement a explosé le plafond de la dette étudiante spécifiant ainsi qu’il n’y a plus de limite à l’endettement. Cette loi aux allures de «cadeau» inciterait les étudiants canadiens et résidents permanents à s’endetter davantage. «Les étudiantes et étudiants doivent collectivement avec les nouveaux diplômés et diplômées plus de 15 milliards de dollars en prêts du gouvernement» peut-on lire sur certains prospectus distribués dans les universités pour mobiliser les étudiants à manifester en nombre le 1er Février dernier.

Chaque jour, la dette étudiante canadienne augmenterait de 1 million de dollars, les étudiants aboutissant avec une dette moyenne de 37 000$ dès la fin de leurs études, sans oublier les étudiants internationaux qui dépensent trois à quatre fois plus que les nationaux en frais de scolarité. La situation pourrait bien empirer avec une dette étudiante qui flambe à un taux plus élevé que l’inflation et qui s’ajoute à l’augmentation du prix des transports en commun, de la nourriture, du loyer et surtout des frais de scolarité qui ont quadruplé depuis les vingt dernières années.

Le financement aux provinces a augmenté de 30% depuis l’arrivée des conservateurs en 2006, soit 12,7 milliards de dollars canadiens. Par ailleurs, suite à l’adoption du projet de loi fédéral C-10 sur la criminalité, les coûts des institutions carcérales sont également en passe d’augmenter. Si le Ministre de la Justice, Rob Nicholson a affirmé récemment que Ottawa allait «continuer à donner plus de financement aux provinces comme chaque année», il prévient également que les coûts supplémentaires engendrés par cette nouvelle loi devront être supportés par les provinces qui devront puiser dans les fonds de leurs programmes sociaux, de santé ou d’éducation postsecondaire.

«Ouvrez une école, vous fermerez une prison», professait Victor Hugo en son temps. Aujourd’hui, «nos dirigeants préfèrent dépenser des millions pour construire de nouvelles prisons et ne donnent rien pour l’éducation postsecondaire» s’est indigné David Harper, Président de la John Howard Society, lors de la conférence de presse organisée au centre étudiant de l’Université de Saint- Boniface par la FCEE.

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